Fabriquer un nichoir à oiseaux est un projet peu coûteux, qui demande une après-midi et quelques outils de base. Un modèle en bois brut, bien dimensionné et posé à l’automne, peut accueillir une nichée dès la saison de reproduction suivante. Voici la méthode, avec les cotes, le diamètre du trou d’envol selon l’espèce et les règles de pose.
Bois, matériaux et outils à privilégier
Le choix du bois compte plus que tout le reste. Prenez des planches de bois non traité, d’une épaisseur de 15 à 20 mm : sapin, épicéa, mélèze, peuplier, châtaignier ou cèdre conviennent très bien. L’épaisseur des planches assure une bonne isolation contre la chaleur et le froid. Le contreplaqué est à éviter, car ses colles ne sont pas faites pour des oisillons et il se délite à la première pluie.
Côté outils, il vous faut une scie (une scie sauteuse fait l’affaire pour les côtés en biais), une perceuse équipée d’une scie-cloche, du papier de verre et des vis inox. Une colle à bois sans solvant peut renforcer les assemblages, mais les vis restent indispensables pour pouvoir démonter le nichoir. Gardez aussi une brosse métallique pour l’entretien.
Pour un modèle classique de nichoir fermé, voici les pièces à découper (cotes indicatives, à adapter à votre épaisseur de bois) :
- un plancher d’environ 15 × 15 cm ;
- une façade d’environ 16,5 × 15 cm, qui recevra le trou d’envol ;
- un panneau arrière de 20 à 25 cm de haut sur 15 cm de large ;
- deux côtés trapézoïdaux, de 16,5 cm de haut à l’avant et jusqu’à 20 cm à l’arrière ;
- un toit d’environ 19 × 22 cm, qui déborde sur l’avant pour protéger l’entrée de la pluie.
Construire le nichoir pas à pas
Commencez par tracer et découper toutes les pièces, puis poncez les arêtes et l’extérieur. L’intérieur, lui, doit rester légèrement rugueux : c’est ce qui permet aux jeunes de s’agripper pour grimper jusqu’à l’ouverture. Sur la face intérieure de la façade, vous pouvez même entailler quelques stries horizontales au couteau.
Percez ensuite le trou d’envol dans le tiers supérieur de la façade, à 10 cm environ au-dessus du plancher, afin que les oisillons restent hors de portée d’une patte qui se glisserait par l’entrée. Le diamètre d’entrée dépend de l’espèce visée (voir le tableau plus bas). Pour une mésange bleue, comptez 26 à 28 mm.
Passez à l’assemblage. Vissez les deux côtés sur le panneau arrière, puis posez la façade et enfin le plancher, que vous encastrez entre les côtés pour que l’eau de pluie ne s’infiltre pas par les joints. Avant de fixer le plancher, coupez ses quatre angles ou percez quelques petits trous de 4 à 5 mm : cette aération et ce drainage évitent que la fiente et l’humidité ne s’accumulent.
Le toit doit rester amovible pour le nettoyage. Fixez-le d’un seul côté avec une charnière en cuir ou deux vis, et ajoutez un petit verrou ou une vis de blocage pour qu’un prédateur ne puisse pas le soulever. Laissez une fente de quelques millimètres sous le toit, côté arrière, pour que l’air circule les jours chauds.
Dimensions et diamètre d’entrée selon l’espèce

Le trou d’envol sélectionne les locataires : trop grand, il laisse entrer des espèces plus grosses ou des prédateurs, trop petit, il bloque l’espèce visée. Le tableau suivant résume les diamètres les plus courants en France.
| Espèce | Entrée conseillée | Remarque |
|---|---|---|
| Mésange bleue | 26 à 28 mm | Modèle de base, 15 × 15 cm au sol |
| Mésange charbonnière | Environ 32 mm | Très courante dans les jardins |
| Sittelle torchepot, moineau friquet | 30 à 32 mm | La sittelle rétrécit parfois l’entrée avec de la terre |
| Moineau domestique | 32 à 35 mm | Niche volontiers en petites colonies |
| Étourneau sansonnet | 45 à 50 mm | Prévoir un nichoir plus grand |
| Rouge-gorge | Pas de trou rond | Nichoir semi-ouvert, façade ouverte sur le haut |
Le rouge-gorge fait figure d’exception : il préfère une large ouverture frontale, dans un nichoir semi-ouvert installé bien caché dans la végétation. Pour les autres espèces, mieux vaut viser un seul type de locataire par nichoir plutôt que de chercher un compromis sur le diamètre.
Le perchoir sous le trou : une fausse bonne idée
On le voit sur beaucoup de modèles du commerce, mais les oiseaux cavernicoles n’en ont pas besoin. Un perchoir sert surtout aux prédateurs et aux espèces concurrentes, qui s’y accrochent pour harceler la nichée. Pour le même motif, évitez tout excès de peinture ou de vernis, surtout à l’intérieur : seule une lasure naturelle à l’eau, appliquée à l’extérieur, reste acceptable.
Fixer le nichoir et choisir son emplacement
Un nichoir bien construit peut rester vide s’il est mal placé. Fixez-le à une hauteur de 2 à 5 mètres sur un tronc, un mur ou un poteau, hors de portée des chats, des martres et des écureuils. Si vous posez le nichoir sur un arbre, utilisez des vis inox ou un fil de fer protégé par un morceau de tuyau, afin de ne pas blesser l’écorce ni d’étrangler la branche en grossissant.
L’orientation joue un rôle direct sur la survie des petits. Tournez l’entrée vers l’est ou le sud-est, à l’abri des vents dominants et de la pluie, et évitez un plein sud en été. Un nichoir surexposé devient une étuve, ce qui peut tuer une nichée en quelques heures de canicule. Inclinez-le légèrement vers l’avant : l’eau ruissellera sur le toit sans entrer.
Gardez aussi un dégagement devant le trou d’envol pour que les adultes puissent y accéder en vol sans obstacle. Si vous installez plusieurs nichoirs, espacez-les de quelques mètres, car la plupart des mésanges défendent leur territoire. Posez-les à l’automne ou en fin d’hiver : les oiseaux les repèrent, les visitent et parfois s’y abritent pour dormir avant la saison de reproduction.
Entretien annuel et erreurs à éviter

Le nettoyage se fait une fois par an, hors période de reproduction, entre septembre et fin février. Ouvrez le toit, retirez l’ancien nid, grattez à la brosse métallique et rincez à l’eau claire. N’utilisez ni désinfectant ni produit ménager. Laissez sécher avant de refermer. Portez des gants : les vieux nids abritent parfois des parasites.
Plusieurs erreurs reviennent souvent dans les nichoirs faits maison, et certaines sont fatales aux oisillons :
- un bois traité, peint ou verni à l’intérieur, dont les émanations intoxiquent les jeunes ;
- un plancher sans drainage, qui garde l’eau et favorise les moisissures ;
- un nichoir plein sud, sans ombre, qui surchauffe l’été ;
- un trou trop grand, qui ouvre la porte aux prédateurs et aux espèces plus grosses ;
- un toit fixé définitivement, qui rend le nettoyage impossible.
Ne touchez pas au nichoir pendant la nidification : un dérangement répété peut faire abandonner les œufs. Une fois les jeunes partis, attendez l’automne pour nettoyer. Avec un entretien régulier, un nichoir en bois brut peut servir pendant une dizaine d’années, voire plus, et chaque printemps vous aurez une chance d’observer la vie qui s’y installe depuis la fenêtre.





