Maison

Comment faire une terrasse en bois sur terre sans qu’elle pourrisse ni se tasse ?

Lames de bois posees sur plots dans la terre

Poser une terrasse en bois sur un terrain en terre ou sur une pelouse est tout à fait réalisable, mais la terre pose trois problèmes : elle se tasse, elle garde l’eau et elle fait pourrir le bois à son contact. Tout le projet consiste donc à fabriquer un sol stable et drainant avant de monter la structure. Voici la méthode, dans l’ordre, avec les quantités à prévoir.

Préparer le sol : délimitation, décaissement et compactage

Commencez par délimiter la surface avec des piquets et un cordeau, en tendant des diagonales identiques pour vérifier que le rectangle est bien d’équerre. Ajoutez 5 cm de marge de chaque côté pour la lame de rive et les finitions. Si la terrasse est adossée à la maison, gardez toujours de quoi la ventiler et évitez de bloquer les grilles d’aération.

Passez ensuite au décaissement. Retirez la terre végétale (et la pelouse, le cas échéant) sur 20 à 30 cm : cette couche est meuble, riche en matière organique, et elle bouge avec l’humidité. Si le fond de fouille reste noir, mou ou très hétérogène, creusez davantage ou prévoyez un drainage renforcé.

Une fois le fond nivelé, donnez-lui une pente de 1 à 2 % dans le sens opposé à la maison. C’est ce qui garantit l’évacuation de l’eau en surface comme en profondeur. Terminez par un premier compactage du fond avec une plaque vibrante ou, pour une petite surface, un pilon manuel.

Poser la couche drainante et le non-tissé

Déroulez un géotextile (ou non-tissé) sur toute la surface, en le faisant remonter légèrement sur les bords et en recouvrant les lés de 20 cm. Il bloque les mauvaises herbes et empêche la terre de remonter dans le gravier, ce qui préserve le drainage dans la durée.

Étalez ensuite 10 à 15 cm de gravier concassé 0/31,5 ou de gravillon plus fin pour la dernière passe, en plusieurs couches. Compactez chaque couche en passes croisées, jusqu’à obtenir un sol stable qui ne marque plus sous le pas. Respectez la pente prévue pendant tout le travail.

Matériau Quantité par m²
Géotextile1,1 m² (avec recouvrements)
Couche de gravier (12 cm)environ 0,12 m³, soit 0,2 tonne
Lambourdes (entraxe 40 cm)2,5 mètres linéaires
Plots réglables3 à 5 plots
Lames de 14,5 cm de largeenviron 6,6 mètres linéaires, +10 % de chutes

Installer les plots réglables et la structure porteuse

Plots reglables gris alignes sur gravier clair au sol

Posez les plots réglables sur le gravier compacté, en les alignant au cordeau. Pour des surfaces basses et un sol bien stable, des dalles béton posées sur un lit de sable peuvent faire l’affaire (notre article sur la terrasse bois sur plots béton détaille cette variante). Les plots réglables restent plus pratiques : ils rattrapent les petits écarts de niveau et laissent circuler l’air sous la structure, ce qui limite le pourrissement.

Disposez ensuite les lambourdes sur les plots, perpendiculairement au sens de pose des lames. Respectez un entraxe de 40 cm pour des lames de 21 à 28 mm d’épaisseur, 50 cm au maximum. Les plots se placent tous les 40 à 50 cm sous chaque lambourde. Si la terrasse dépasse 3 m de portée, ajoutez des solives intermédiaires ou doublez les lambourdes aux jonctions.

Gardez au moins 3 à 5 cm de vide entre le gravier et le dessous des lambourdes. Collez une bande bitumineuse ou une bande d’étanchéité sur le dessus de chaque lambourde : elle empêche l’eau de stagner à l’interface avec les lames, là où le bois s’abîme le plus vite.

Trois erreurs qui condamnent une terrasse sur terre

Poser les lambourdes à même la terre, sauter le compactage (le sol se tasse et la terrasse ondule dès la première saison), oublier la pente d’évacuation (l’eau stagne sous le bois et le pourrissement s’installe). Chacune de ces erreurs se corrige mal une fois les lames vissées.

Poser et fixer les lames de terrasse

Commencez la pose par un bord droit et visible, en vérifiant l’alignement de la première lame au cordeau. Les lames de terrasse se fixent soit par le dessus avec des vis inox, soit par le côté avec des fixations invisibles (clips à glisser dans les rainures). Avec des vis, percez toujours un avant-trou pour éviter les fentes, surtout sur les essences dures comme l’ipé.

Laissez un espacement entre lames de 5 à 8 mm, plus large pour les bois qui travaillent beaucoup. Cet interstice est indispensable : il assure le drainage de l’eau de pluie, la ventilation du bois et sa dilatation. Utilisez des cales régulières plutôt que l’œil, ça évite les écarts qui s’accumulent sur plusieurs mètres.

Laissez aussi 1 cm de jeu en bout de lames pour la dilatation. Terminez avec une lame de rive qui cache la tranche des lambourdes et donne un aspect fini, en la fixant par le dessus ou à l’aide d’un chant dédié.

Choisir le bois et calculer les quantités

Le choix de l’essence de bois dépend du budget et de l’entretien accepté. Le pin traité en autoclave (classe 4) est le plus économique, mais il demande une protection régulière. Le douglas ou le mélèze résistent un peu mieux, le bois thermotraité offre une bonne stabilité sans produit chimique, et les exotiques (ipé, cumaru) tiennent plus de vingt ans mais coûtent nettement plus cher. Pour les lambourdes, prenez toujours du bois en classe 4, même si les lames sont dans une autre essence.

Pour le calcul, divisez la surface par la largeur d’une lame augmentée de l’espace entre lames : sur 20 m², avec des lames de 14,5 cm et 6 mm d’écart, il faut environ 132 mètres linéaires, soit 145 avec les chutes. Pour les lambourdes, comptez 2,5 mètres linéaires par m² à 40 cm d’entraxe. Pour les plots, tablez sur 3 à 5 par m² selon l’entraxe et la section des lambourdes.

Côté outillage, prévoyez des piquets et un cordeau, une pelle, une brouette, une plaque vibrante (à louer à la journée), un niveau à bulle ou laser, une scie circulaire, une visseuse et des forets adaptés.

Finitions et entretien

Pinceau appliquant une huile sur une lame de bois

Une fois les lames posées, passez un saturateur ou une huile adaptée à l’essence choisie, d’abord sur les coupes et les tranches, qui absorbent le plus d’eau. Le bois thermotraité et les exotiques peuvent être laissés bruts et prendre une patine grise, à condition de les nettoyer chaque année.

Vérifiez deux fois par an que rien ne bouche l’espace entre les lames (feuilles, terre) et que le sol sous la terrasse reste bien drainé. Cet entretien léger suffit à garder une terrasse sur terre saine pendant de longues années.

Partager cet article
Article publié par la rédaction de Lapetite Cabane.

A lire aussi

2 Commentaires

  1. Comment faire une terrasse en bois soi-même, du sol à la pose des lames – Lapetite Cabane

    […] ou terre meuble), retirez la terre végétale sur 25 à 30 cm, puis consultez notre guide sur la terrasse en bois sur terre. Une terre stable en dessous est indispensable : si le fond de forme reste spongieux, creusez […]

  2. Comment faire une terrasse en bois sur plots : étapes, quantités et matériaux – Lapetite Cabane

    […] cm, on étale un géotextile, puis on compacte 10 à 15 cm de gravier (pour aller plus loin, lire terrasse bois sur terre sans pourrir). Cette couche stabilise le sol et limite les mauvaises herbes sous le […]

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *